Billet 23: Le poids du vide

 Ca y est, on atteint le palier des anti-dépresseurs.

Au début c'était cool, je découvrais ce qu'était une vie sans angoisses omniprésentes, avec certes quelques effets secondaires inconfortables du traitement.

Vous avez de la chance.

C'est déjà ce que je m'étais dis lorsque j'ai commencé le traitement pour le TDAH.

Donc vous avez doublement de la chance.

Aujourd'hui, on va pouvoir attaquer le fond, ces TAG (Troubles Anxieux Généralisés).
Les effets des angoisses sont plus ou moins maîtrisés par ce pansement sur le cerveau mais ça ne règle pas le problème.
Par contre, j'ai découvert un truc pas cool.

Outre le fait que le médoc shoote un peu, ce qui nuit grandement à la créativité, à la motivation et à la capacité de faire des efforts physiques, la maîtrise relative des angoisses a enlevé un poids, mais le vide pèse...

C'est peut être con comme sensation, mais sans les angoisses, il y a un vide.

Un GRAND vide.

Et le vide pèse... bordel, il pèse très lourd.

C'est assez étrange, comme l'envie de mourir mais sans les manifestations physiques.
A trainer tout le temps, ça fatigue... alors que de base, je n'ai plus vraiment d'énergie et que je m'épuise très vite.
C'est l'envie de rien et de faire des choses, en même temps, mais ne pas réussir à les faire parce que tout s'efface... Voir le temps passer, se dire que c'est du temps perdu, ne rien faire pour autant... Ne vouloir rien savoir de ce qu'il se passe autour de soi et pourtant rester une éponge aux émotions émanant des autres...

Bref, c'est très inconfortable et très violent.

Ma psychologue dit que ce que je décris est une dépression profonde, ce qui se manifeste maintenant que les angoisses sont pansées.

J'ai déjà eu par moment cette sensation sur des temps courts... mais oui, les angoisses reprenaient le dessus.

Là, c'est différent. Les angoisses ne dominent plus.

Je me rends compte de leur impact sur moi, sur ma vie, de la manière dont elles m'ont façonnées.

Ce n'est pas toute la journée en général, cela s'exprime que quelques heures, mais d'autres fois, c'est du levé au coucher. Vivement ce soir...

Le vide pèse.

Putain, il pèse.



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